Paul Sérusier – Biographie sommaire

PAUL SERUSIER (1864-1927)  BIOGRAPHIE SOMMAIRE – Henry MASSON

1864 – 9 novembre : Naissance à Paris, 60 bd de Strasbourg, fils de François, gantier devenu parfumeur, et de Clémence Bobin.

1876-83 – Etudes au lycée Condorcet. Obtention du baccalauréat de philosophie et du baccalauréat de sciences.

1884 – Entre sans enthousiasme à la grande Papeterie Marion dont le co-directeur est son beau-frère. Effectue son service militaire au 76ème RI à Châlons-sur-Marne et en sort caporal.

1885 – Entre à l’académie Julian.

1888 – Elu massier de l’atelier Bouguereau à l’académie Julian. Expose au Salon « Le Tisserand breton », de style impressionniste, qui obtient une mention. Séjourne l’été à Concarneau, puis à Pont-Aven, pension Gloanec. Il y rencontre Emile Bernard et Paul Gauguin. Rapporte à Paris « Le Talisman », de style synthétiste, le Bois d’Amour peint sur une petite plaque de bois, qui devient le symbole du nouveau mouvement des Nabis, dont il est le créateur. Il devient « le Nabi à la barbe rutilante ».

1889 – Rejoint en juillet Gauguin à Pont-Aven. S’installe avec lui à l’auberge de Marie Henry au Pouldu.

1890 – Réunions hebdomadaires des Nabis (prophètes en hébreu) dans l’atelier de Paul Ranson à Montparnasse. Retour en juillet avec Gauguin chez Marie Henry où ils retrouvent Filiger et Meyer de Haan.

1891 – Banquet à Paris pour célébrer le départ de Gauguin pour Tahiti. En avril à Pont-Aven puis l’été au Huelgoat. Avec Rasetti, Ballin et son frère Henry. Le relais de poste était à Châteauneuf, « A la descente des Voyageurs » (actuelle maison Keraval, face à la place du Marché) pour les voyageurs venant de Pont Aven ou du Pouldu. Ce furent les premières apparitions de Sérusier à Châteauneuf. Selon d’autres sources, ce fut aussi le cas de Jan Verkade, le Nabi Obéliscal.

1892 – Réalise à Paris programmes et décors de théâtre. Eté à Pont Aven puis Huelgoat, où meurt subitement sa mère, qui l’accompagnait.

1893 – Décore à Versailles l’atelier de Georges Lacombe, le Nabi Sculpteur, puis l’appartement parisien de Gabriela Zapolska, journaliste et actrice polonaise. Voyage en Italie. Eté au Huelgoat, à Châteauneuf (auberge du Pain Noir) et au Pouldu avec Gabriela Zapolska. Décembre : Loue l’ancien atelier de Seurat à Paris, 128 bis, bd de Clichy.

1894 – Fréquente à Paris l’atelier de Gauguin, retour de Tahiti. S’installe boulevard de Clichy. Réalise des cartons de vitraux (Bing). Eté à Châteauneuf avec G. Zapolska.

1895 – Visite l’été l’Italie avec Maurice Denis, le Nabi aux belles Icônes. Les deux amis visitent la Toscane et l’Ombrie à bicyclette. Séjourne à Châteauneuf seul, Gabriela Z. ayant regagné Varsovie, seule aussi et sans espoir de retour.

1896 – Se rend à Prague pour rencontrer Verkade, devenu moine bénédictin (Frère Willirord) puis séjourne à Châteauneuf. On demande à « monsieur Cerisier » de réaliser 300 écussons peints pour décorer le passage emprunté par le Président Félix Faure, en visite. Il dessine aussi à cette occasion l’arc de triomphe qui sera édifié face à l’hôtel du Midi. Il peint le tableau « Pèlerinage à Notre-Dame des Portes » qui donne une vision surprenante des lieux avant l’édification de la nouvelle chapelle.

1897 – Expose avec les Nabis galerie Vollard à Paris.

1898 – Expose de nouveau chez Vollard avec les Nabis. Rend visite à Verkade à Beuron en Allemagne, où il rencontre le Père Desiderius Lenz (dit aussi le Père Didier). Il y découvre l’esthétique des Saintes Mesures et l’art hiératique. Il décore la salle à manger de Georges Lacombe à Alençon.

1899 – Retourne voir Verkade à Beuron. Elit domicile à Neuilly-sur-Seine.

1900 – Expose avec les Nabis chez Bernheim Jeune.

1901 – Expose à Bruxelles.

1902 – Souffre d’une profonde dépression morale. Commence la réalisation de décors de théâtre dans la salle du patronage de Châteauneuf.

1903 – Réside entre autres à l’hôtel du Midi puis dans la maison où naquit Marie Berre (devenue Mme Dornic) en 1906. Cette maison porte actuellement le n° 30 de la rue Paul Sérusier. Le Nabi y est locataire jusqu’à son installation définitive dans la même rue, à l’actuel n° 27 (voir ci-après).Travaille à proximité dans une baraque en bois édifiée dans un potager. Réalise le tableau « La Foire » (coll. mairie). Retourne avec Maurice Denis voir Verkade à Beuron. Armand Seguin, à Châteauneuf depuis juin, décède à l’hôtel du Midi le 30 décembre en l’absence de Sérusier, à Paris pour le mariage de son frère Henry.

1904 – Voyage avec Maurice Denis en Italie : séjour au Monte Cassino où Verkade et Lenz décorent une chapelle. Réalise pour la décoration de l’église de Châteauneuf 4 (ou 5) grandes toiles qui seront refusées par le conseil curial.

1905 – Fait visiter Pont-Aven et Le Pouldu à Maurice Denis. Mort de son père. Traduction de l’allemand de « L’Esthétique de Beuron » du Père Desiderius Lenz. Préface de Maurice Denis. Livre édité par la Bibliothèque de l’Occident. Séjourne trois jours à Maredsous, près de Namur, dans une filiale du monastère de Beuron.

1906 – S’installe à Duchenn Glaz dans une maison neuve probablement financée par l’héritage paternel. Terrain de 6000 mètres carrés. Passe quelques jours à Perros-Guirec, en août, dans la maison de Maurice Denis.

1907 – Reçoit la visite des peintres Bonnard et Mithouard. Rend visite à Verkade à Munich et passe les fêtes de fin d’année à Beuron.

1908 – Commence à enseigner à l’académie Ranson à Paris.

1909.10.11 – Expositions à Paris. En septembre 1910 : expo dans une école de Châteauneuf. Se fracture un pied en mai 1911 et doit s’arrêter de peindre durant six mois qu’il consacre à l’étude. Il en restera boiteux.

1912 –Adresse à Paris 4, rue de Tourville. Epouse le 22 février à Paris son élève de l’académie Ranson Marguerite Gabriel-Claude, née à Lons-le-Saulnier le 12 mars 1879. Le mariage religieux est célébré le 24 à l’église Saint-Sulpice. Voyage de noces à Florence en février-mars.

1913 – Expose à Munich fin février. Décore sa maison de peintures murales sur une longueur d’environ vingt mètres.

1914 – Commence les fresques du baptistère de l’église paroissiale.

1915-18 – Demeure et peint à Châteauneuf. Achève en 1917 les fresques de l’église (six scènes). Ruiné par les « emprunts russes » (révolution d’octobre 1917), il ne peut plus compter que sur son art pour vivre. Fait un voyage avec son épouse Marguerite à Angers dont les célèbres tapisseries, qui inspirent leur art, les fascinent. Pied-à-terre à Paris 70 bd Edgar-Quinet.

1919-20 – Expose à Paris.

1921 – Publication de son livre « L’ABC de la peinture ». Longue maladie de Marguerite Sérusier, qui effectue de fréquents séjours à l’hôpital de Morlaix.

1922-25 – Expositions à Paris.

1927 – 6 octobre : décès de Paul Sérusier à Morlaix à l’occasion d’une visite à son épouse hospitalisée. Il repose au cimetière de cette ville. Sa sépulture est surmontée de son buste en bronze réalisé par Georges Lacombe.

 

Evénements post mortem

1927 – La maison de Duchenn Glaz est occupée par Mme veuve Sérusier, également artiste peintre. Elle y sera rejointe par la suite par ses sœurs Anne et Marie, célibataires et retraitées des postes.

NB A une date indéterminée, Henry Sérusier, frère de Paul, engagera un procès relatif à la possession des œuvres, arguant de l’état de santé de sa belle-sœur. Il sera débouté. Les membres de la famille Sérusier n’héritèrent en définitive du moindre tableau, pas plus que la quatrième sœur Gabriel-Claude, Aimée, épouse Bricard, dont on a retrouvé la trace dans les Vosges.

1928 – Exposition P. Sérusier Galerie Druet, Paris.

1941 – Rétrospective Paul Sérusier Galerie Saluden, Quimper.

1942 – Rétrospective Paul Sérusier Galerie Hessel-Joly, Paris.

1947 – Soucieuse de la consécration de son défunt époux et « maître » (sic), Marguerite Sérusier organise au musée Galliera à Paris une rétrospective comprenant 120 œuvres.

1948 – La veuve offre à la ville de Guingamp les toiles réalisées et refusées en 1904-1905 pour la décoration de l’église de Châteauneuf. On prétend que ce don fut motivé par le fait qu’un rue Paul Sérusier avait été inaugurée à Guingamp. On en a retrouvé trois, enroulées, dans un atelier municipal. Elles ornent actuellement les murs de son Hôtel de Ville. Dimensions de chacune : 3,87 par 2,45 mètres.

1950 – Décès le 25 septembre de Marguerite Sérusier à Châteauneuf. Elle est inhumée à Morlaix auprès de son époux.

1953 – Hommage à Paul Sérusier au musée de Morlaix. Rétrospective Paul Sérusier Galerie Durand-Ruel, Paris.

1956 – Décès à Châteauneuf de Marie Gabriel-Claude. Elle est inhumée au cimetière local.

1960 – La maison et le terrain de Duchenn Glaz ont été transmis successivement par testament de Paul Sérusier à son épouse Marguerite, puis à ses sœurs, et enfin à la seule sœur Anne. Laquelle ne voyant sans doute rien venir, vend le tout à Henriette Boutaric, célibataire originaire du Cantal, retraitée des postes et amie des sœurs. Sur l’acte de vente rédigé par Me Jégo, notaire local, la profession indiquée est « commanditaire », ce qui semble indiquer qu’elle n’est pas dépourvue de ressources.

1964 – Décès de Anne Gabriel-Claude, laquelle est inhumée auprès de sa sœur Marie au cimetière local. La maison est désormais vide, à l’exception des visites sporadiques de Mlle Boutaric. Les oeuvres de Paul Sérusier, et peut-être aussi de son épouse, ont été transférées au domicile parisien de l’intéressée, 3 rue de la Gaîté à Montparnasse. Il est reconnu que Mlle Boutaric en est la légataire universelle en vertu d’un testament de date indéterminée et dont Marguerite Sérusier fut probablement la signataire.

NB : A une date comprise entre 1965 et 1970, la maison encore meublée et le terrain sont vendus par Henriette Boutaric aux époux Yves Le Huche, malgré l’intervention de M. Georges Le Meur, maire, auprès du notaire, la commune pouvant aussi s’en porter acquéreur.

1976 – Publication d’une 1ère édition du livre de référence « Paul Sérusier » de Marcel Guicheteau, Editions Side.

1978 – Don à la commune par Henriette Boutaric de la toile « La Foire » (1903) déjà mentionnée.

1983 – Décès à Paris de Henriette Boutaric, célibataire et sans héritiers.

1984 – Vente aux enchères à l’Hôtel Drouot et à l’Opéra Comique de 550 œuvres de Sérusier (dont 82 peintures et 200 dessins, aquarelles ; gouaches et pastels) détenues à son domicile par Henriette Boutaric (vente couplée avec celle d’œuvres d’autres artistes éminents. Le tableau « Petites baigneuses nues dans le torrent » (1890) constitue un record pour une peinture de Sérusier. L’ensemble adjugé se chiffre à 15 millions de francs, somme qui, conformément aux dispositions testamentaires de la défunte, profita à quatre associations caritatives. On ignore s’il s’agissait à l’origine de la volonté des époux Sérusier.

1987 – Rétrospective Sérusier au musée des Jacobins à Morlaix.

1991 – Rétrospective Sérusier au musée de Pont-Aven.

1991 – Inscription à l’Inventaire Supplémentaire de la Maison de Paul Sérusier.

1994 – Exposition Sérusier à l’Office local du tourisme (célébration du centenaire de l’arrivée de l’artiste à Châteauneuf).

1995 – Exposition à l’Office : Paul Sérusier et ses Amis (Maurice Denis, Georges Lacombe, Emile Bernard et Armand Seguin). Inauguration d’une rue Maurice-Denis à Châteauneuf en présence de deux de ses fils.

1996 – Déclaration par la commune à l’INPI de la marque déposée « Paul Sérusier ».

1996 – Institution du Prix « Paul Sérusier ».

2000 – Implantation près de l’église paroissiale, sur la place réaménagée, d’un buste en bronze de Paul Sérusier, œuvre de Jean-Claude Talec.

2005 – Création d’un « parcours Paul Sérusier » (partenariat Office du Tourisme-Municipalité).

2007 – Edition d’un timbre consacré à Paul Sérusier (« la barrière bleue »).

2007 – Attribution du Prix national « la Marianne d’or » -section culture- à Christian Ménard, député-maire de Châteauneuf-du-Faou, pour ses actions entreprises en faveur de la promotion de Paul Sérusier.

2011 – Réfection de la toiture de l’ancienne maison Sérusier rue Paul Sérusier, propriété privée abritant toujours les peintures murales réalisées par l’artiste en 1913.

2013 – Déclaration à l’INPI de la marque déposée « Marguerite Sérusier » ainsi que la marque « Armand Seguin ».

2013 – Instauration des « causeries Paul Sérusier ».

2013 – Edition par la ville de Châteauneuf de 2 estampes numérotées – technique du pochoir (« paysage vert » et « terre bretonne »).

2013 – Décision prise par la Municipalité de Châteauneuf de créer un Musée – Centre d’interprétation « Paul Sérusier ».

2014 – Sur commande de la municipalité de Châteauneuf, réalisation par Marie et Yves Toulhoat de Quimper, d’une ligne de bijoux « Paul Sérusier » réalisée à partir d’une œuvre de l’artiste sur de l’étain « repoussé ».

2014 – Edition d’un ouvrage intitulé « Paul Sérusier : un prophète de Paris à Châteauneuf-du-Faou », écrit par Mme Virginie Foutel, agrémenté d’un chapitre consacré à Châteauneuf du Faou, rédigé par M Louis Grall – Editions « Locus solus ».

Fin 2014 – Exposition Paul Sérusier à l’Office de Tourisme de Châteauneuf-du-Faou

2016- Exposition Marguerite Sérusier à l’Office de Tourisme de Châteauneuf-du-Faou (œuvres prêtées par des collectionneurs privés)

 

 A tout ceci, s’ajoute l’acquisition périodique de nombreuses toiles de Paul et Marguerite Sérusier par la Municipalité.

Dates et Horaires

Du 08 11 2014 au 26 12 2014
Heures d’ouverture :
mardis, mercredis, vendredis et samedis
de 10h à 12h30 et 14h à 17h