Spézet : circuit découverte du patrimoine

Circuit patrimoine  au bourg de Spézet                 3,2 kms –  tous publics

Le départ se fait de la place Roundwood, passage piétonnier derrière le Pôle culturel et touristique (Maison peinte en bleu située à l’angle des rues du général de Gaulle et de la rue Eugène Hénaff, où se trouve la mairie). Plusieurs parkings à proximité, parking du stade et parking de l’église.

Ce circuit balisé en rouge comprend 11 panneaux sur sites.

1 Panneau présentant l’ensemble du circuit. Place Roundwood, sur le mur, à côté de la verrière abritant l’exposition Histoires de beurre.

  

2    Histoires de beurre

Istoriou an amannHistory and folklore of butter

Spézet est la dernière commune du pays du Poher à conserver son pardon du beurre : On offre à Notre-Dame du Krann, dans sa chapelle, une motte de beurre géante décorée de motifs traditionnels avec des moules de bois sculptés. Autrefois on offrait trois mottes collectives, une par quartier.

L’exposition permanente retrace l’histoire de cette tradition importante en pays d’élevage, de la traite des vaches à la fabrication du beurre, et explique tous les rituels, superstitions, légendes et symboles autour de cet or jaune.

On y découvre une quinzaine de modèles de barattes, des malaxeurs, des écrémeuses, manuelles ou électriques, de nombreux tampons et moules à beurre, mais aussi des cuillères et des pots à lait, tous ces objets qui faisaient partie de la vie quotidienne d’autrefois.

Grâce à la duchesse Anne de Bretagne, les Bretons ne payaient pas d’impôts sur le sel ; D’où l’habitude de saler le beurre pour une meilleure conservation. Aujourd’hui encore, les Bretons préfèrent le beurre demi-sel !

 

3 Le bourg autrefois                                                                    

 Ar vourc’h gwechall – The borough in times past

 La place de l’Eglise vers 1907-1910

Autrefois très vaste pour accueillir les foires, la place de l’Eglise constituait le véritable  centre du bourg. Elle était dominée par l’enclos paroissial auquel on accédait par deux grands escaliers de pierre. Cette organisation ancienne reflétait l’emprise du clergé sur la vie des paroissiens.  Au début du 20e siècle s’opèrent des modifications importantes de la place.

Cette vue date d’avant le déplacement du cimetière en 1911: on aperçoit encore les croix des tombes devant l’ossuaire. La maison à gauche, avec une lucarne centrale, est la première mairie de 1902. Elle sera agrandie en 1955. Il y avait de nombreuses fermes dans le bourg. On aperçoit la ferme Cozic à l’arrière plan, derrière la croix.

Un habitant, M. Rouzic, converse avec un prêtre, tandis qu’un jeune garçon patiente, un enfant dans les bras. Les charrettes attendent les chevaux qui les conduisent. Devant l’escalier, la petite maison de la vendeuse de bonbons est démolie en 1923, année de l’installation du monument aux Morts. Peu après cette date on construit le muret d’enceinte en surplomb.

Elle devient en 1947 la place de la Résistance, en hommage aux maquis spézétois et aux victimes du nazisme. Les occupants allemands  regroupaient les hommes  sur cette place lors des rafles. Celles des 5 mai et 21 juin 1944 ont été les plus dramatiques. 11 des Spézétois arrêtés le 21 juin ont été fusillés à Lanvénégen le 24 juin 1944.

 

4 Le bourg autrefois, les anciens métiers

Ar vourc’h gwechall, ar micherien kozh – Borough and old trades

Le bas de la place de l’église en 1916.

Elle était animée de commerces. Sur la gauche, la boutique du tailleur M. Le Borgne puis le magasin de chaussures et cordonnerie Morvan. Dans la partie droite et formant l’angle, l’auberge du Cheval blanc devient le restaurant des voyageurs tenu par les Quintin. C’est depuis 1945 un bar-bureau de tabac.

En face, l’alignement de maisons  commence dans l’angle, avec la maison Le Guern, cordonnerie-magasin de chaussures-tissus-bar (la Maison Bleue, actuel pôle culturel et touristique) ; la maison Le Moal (actuelle bibliothèque) ; la maison Hénaff, forge-maréchalerie-quincaillerie. Les chevaux entraient dans la cour par l’arrière, rue de Feunteun Gorned; La boucherie Hénaff qui deviendra un bar.

La plupart des petits commerces de la rue principale faisaient également café : boulangerie-café, alimentation-café, boucherie-charcuterie-café. Le bourg regroupait de nombreux artisans, parmi lesquels des femmes qui exerçaient les métiers de cuisinières, crêpières, couturières, brodeuses ou repasseuses de coiffes…

La rue principale avant 1914

A gauche, la première porte, surmontée d’une enseigne à la pipe, indique le bureau de tabac de M. François Ruppe ; puis la boulangerie, devant laquelle des femmes et des enfants assistent à la livraison des sacs de farine. Sur la droite en arrière-plan, un cochon en liberté nettoie la rue des immondices.

 

 5 L’enclos paroissial

Kloz parrezel – The  inclosure of the parish church

L’église  Saint-Pierre – an iliz sant Per – St Peter’s church

L’édifice a été entièrement reconstruit entre 1709 et 1719. Il comporte à l’ouest un portail à clef et fronton à ailerons, surmonté d’une statue de saint Pierre,  un clocher à deux galeries, au sud un porche à grand escalier et au nord une chapelle des fonts baptismaux.

A l’intérieur, on peut admirer trois autels et retables de Flamant (1750) ornés de tableaux du peintre L’Hermittais, une chaire à prêcher et des confessionnaux classés, des statues anciennes.

L’enclos paroissial de Spézet comprenait aussi à l’angle opposé une petite chapelle dédiée à Saint-Antoine, détruite en 1911.

 

L’ossuaire – Ar garnel -The charnel house

L’ossuaire du 16e siècle, classé en 1916 aux Monuments Historiques, a été restauré en 1992 par la Direction Régionale des Affaires Culturelles.

Appelé aussi reliquaire ou charnier, l’ossuaire était destiné à recueillir des ossements humains. Autrefois les cimetières étaient abrités dans l’enclos paroissial. Jusqu’au 17e siècle, on enterrait même à l’intérieur des églises. Lorsqu’il n’y avait plus de place, on retirait les tombes les plus anciennes pour placer les reliques des défunts, principalement les crânes, collectivement dans l’ossuaire. Ce qui donnait lieu à une cérémonie religieuse en présence des paroissiens, au cours de laquelle on entonnait le chant des trépassés

Le bâtiment possède deux fenêtres à meneaux sur sa façade, dont l’une à quatre baies.

Une crossette du pignon présente un ange portant une banderole. Les deux autres crossettes sont sculptées d’animaux : un chien et une tête très stylisée, à la face plate et aux yeux ronds.

 

6  L’ancien presbytère                       

Ar Presbital kozhThe old presbyter

Construit au 16e siècle, réparé en 1772, l’ancien presbytère conserve une porte remarquable, semblable à celles des chapelles. L’archivolte repose sur une tête d’ange. Le jardin potager et son verger approvisionnaient le curé (appelé recteur) et les trois ou quatre vicaires de la paroisse, en légumes, fruits, herbes médicinales et aromatiques.

Le second bâtiment presbytéral date de 1933. Dans les années 1940-1950, les prêtres y organisent dans le cadre du patronage des séances de cinéma et créent une troupe de théâtre. La fanfare existait depuis les années 1920. Aujourd’hui propriété communale, l’ensemble héberge l’école de musique intercommunale Korn Boud.

 

 

7 – Le Sabot-Atelier-Expo

 Ar votez-koad – Labourva- DiskouezadegOld sabot factory

La commune de Spézet comptait encore au début du 20e  siècle une dizaine de sabotiers dont la moitié au bourg. L’un d’eux était installé dans une petite maison en face du local actuel .

L’atelier de saboterie expose le matériel d’un ancien sabotier de Leuhan, Yvon Guillou. On y découvre les trois machines nécessaires pour la fabrication des sabots de bois, remises en état de  fonctionner par Youenn Le Fur : la tailleuse de sabots, la creuseuse et la bûcheuse (ou façonneuse), ainsi que les outils à main nécessaires et une centaine de formats différents de sabots. Des visites guidées et des animations sont organisées régulièrement.

La place Diaouled ar Menez

La maison Braban était dans la première moitié du  20e siècle, un bar-restaurant et salle de danse.
La cour est devenue une place, baptisée du nom des Diaouled ar Menez, (les diables de la montagne) célèbre groupe de la scène musicale bretonne, créé à Carhaix en 1971 par Jean-Yves Le Corre, Philippe Le Balp et Bruno Le Manac’h. Rejoint en 1972 par Yann Goasdoué, alors animateur du foyer culturel de Menez Kamm, puis par Tangi Le Doré, le groupe devient mythique dans les festoù-noz et s’enrichit de musiciens au fil de ses 40 années d’existence, parmi lesquels Bernard Benoît, Mélaine Favennec…Les gavottes endiablées du pays montagne étaient leur spécialité.

 

8 – Fontaine et lavoir de Feunteun Gorned – Feunteun ha poull-kannañ – fountain and wash-house

Feunteun Gorned, la « fontaine du coin » était réputée pour ne jamais tarir et offrir aux lavandières une eau tiède en hiver et fraîche en été. Son lavoir, le seul du bourg, comptait 23 emplacements. Chacune avait sa caisse, son savon, son battoir et sa brosse. Le matin, on frottait le linge blanc qu’on rapportait chez soi en brouette pour le mettre à bouillir dans une lessiveuse. Pendant ce temps, on nettoyait le linge de couleur et on revenait rincer le linge blanc.

C’était le lieu animé où les femmes se retrouvaient entre elles, leurs commentaires et ragots alimentant ce qu’on appelait la radio-lavoir. Certaines étaient laveuses professionnelles et venaient tous les jours laver le linge de leurs clientes, le plus souvent des commerçantes. Le bassin était vidangé et lavé chaque vendredi soir. Le bouilleur de cru s’installait à côté pour utiliser l’eau de la fontaine pour son alambig. Le lavoir a été recouvert d’un abri en 1926. L’arrivée de la machine à laver dans les années 1960 a progressivement mis fin à son utilisation.

 

9- La chapelle de Notre-Dame du Krann – Chapel Itron Varia ar C’hrannM.H.

Reconstruite en 1535 en l’honneur de Notre-Dame du Krann,  comme l’indique l’inscription de fondation au-dessus de la porte latérale, la chapelle conserve un ensemble exceptionnel de sept grands vitraux et deux retables du 16 e siècle, également classés au titre des Monuments Historiques. A l’extérieur, peu de sculptures, des anges avec phylactères sur les crossettes, au nord une Vierge de l’Annonciation à son pupitre, face à l’ange Gabriel. Le clocher, un beffroi carré surmonté d’un lanternon arrondi, a été ajouté au 17e siècle ainsi que la sacristie.

La richesse artistique est à l’intérieur : les vitraux ont été réalisés entre 1546 et 1550, pour la plupart par l’un des meilleurs ateliers bretons, le Sodec à Quimper. Ils illustrent les scènes de la Nativité, le martyre de saint Laurent, la Passion du Christ, la fondation de Saint-Jacques de Compostelle (la chapelle est une étape sur ce grand chemin de pèlerinage), La Dormition et le Couronnement de la Vierge, Saint-Eloi en maréchal-ferrant, le Baptême du Christ. Les retables honorent Notre-Dame du Krann et la Trinité, entourés d’anges musiciens.

A l’origine était un oratoire construit au 13e siècle par le seigneur de Krann-uhel,  (Cranhuel) Bernard du Chastel. De retour de croisade, il accomplit une promesse faite  à Notre-Dame pour l’avoir préservé de la peste et lui offre un trésor, des  saintes reliques achetées en Palestine.  La vénération de ces reliques  et les guérisons attribuées à Notre-Dame du Krann (du mot Krann, le bois en moyen breton)  attirent les  pèlerins.

Le calvaire a été déplacé de l’autre côté de la route ; il abrite une statue de saint Antoine qui provient de son ancienne chapelle disparue dans l’enclos paroissial.

 

10 – Les fontaines de N.D. du Krann et de Saint-Eloi

Feunteuniou Itron Varia ar C’hrann ha sant Alar Our Lady and St Eloi ‘s Fountains

La fontaine de Notre-Dame du Krann avait des vertus miraculeuses. On s’y rendait pour obtenir toutes sortes de guérison. Le petit monument de schiste, très modeste, contenait dans une niche une statue de Notre-Dame. «On s’y lave, on boit de son eau, on s’en fait jeter sur le cou et dans les manches. C’est toujours pour obtenir quelque faveur par l’intercession de la sainte Vierge» écrivait en 1846 le recteur de Spézet M. Le Grand.

Vers 1912 est ajouté un petit bassin dédié à saint Eloi, saint protecteur des équidés, pour y organiser un pardon des chevaux sur le modèle de celui de la Saint-Hervé de Gourin. La chapelle possède en effet un vitrail daté 1550 illustrant la légende qui fait de saint Eloi un maréchal-ferrant. Le 8 septembre, les chevaux, montés par leurs cavaliers, faisaient trois fois le tour de la chapelle au trot puis s’abreuvaient à l’eau de la fontaine. Après la messe, ils étaient bénis solennellement. Ce pardon des chevaux a été transféré au village de Kerhaliou en 1937 après la construction d’une nouvelle chapelle dédiée à sainte Thérèse.

Les deux fontaines étaient en ruines. L’ensemble a été entièrement refait en 1996 par l’association Sauvegarde du patrimoine spézétois et la commune de Spézet avec la création d’un grand bassin. La statue moderne en granit de la Vierge et de l’Enfant apprenant à marcher est l’œuvre du sculpteur Emile Vaillant.

Le vitrail de saint Eloi dans la chapelle de Notre-Dame du Krann est daté 1550. Selon une légende, le patron des maréchaux-ferrants tente par vanité d’accomplir un prodige en coupant le pied du cheval pour le ferrer plus rapidement. Il reçoit une leçon d’humilité du Christ qui guérit l’animal. Saint Eloi, orfèvre et trésorier du roi Dagobert, a probablement remplacé dans de nombreux lieux de Bretagne l’obscur saint Alar, protecteur des chevaux.

 

11 – La procession du pardon du Krann

Ar brosesion pardon ar c’hrann – The old procession

Le jour du pardon de la Trinité, la procession des statues et bannières de la paroisse quittait la chapelle de Notre-Dame Du Krann pour rejoindre l’église paroissiale avant de revenir à la chapelle pour les vêpres. Les reliques étaient portées par les anciens ainsi que la croix d’or. La statue de Notre-Dame du Krann, descendue de son retable et revêtue de son manteau, était posée sur un brancard, porté par les femmes qui s’étaient mariées dans l’année.

Textes : Association Sauvegarde du patrimoine spézétois. Tous droits réservés.

Circuit libre et permanent : mise en place août 2018

Association de sauvegarde du patrimoine spézétois : contact : Mme Arlaux 06 88 71 99 38